23/10/2017

01/10/17

BD : La Réunion en mode apocalypse


Les éditions DBDO publient cette semaine le premier tome de Fièvre, un diptyque d'anticipation dans lequel La Réunion se retrouve décimée par un virus ravageur et coupée du reste du monde. Entretien avec l'auteur de ce scénario-catastrophe, le Dionysien Philippe Pelaez.

Catégorie : Réunion

“Fièvre”, c'est l'histoire de La Réunion en proie à une pandémie dévastatrice. Est-on dans la pure fiction ou est-ce une éventualité ?

Philippe Pelaez : Le virus de la Fièvre de la Vallée du Rift (FVR) est potentiellement dévastateur. C'est une zoonose aiguë, c'est à dire transmissible de l'animal à l'homme (par le moustique). Apparue au Kenya, mais répandue partout en Afrique et aux Comores, le FVR pourrait représenter un grand danger pour l'espèce humaine en cas de mutation (le virus Ebola n'avait pas encore fait autant de dégâts). Pour ma part j'ai juste imaginé qu'il avait muté !

Comment vous est venue l'idée de localiser l'histoire à la Réunion ? La référence à la grippe espagnole ?

Non, d'autres s'en sont chargés! C'est au cours d'une discussion sur les pandémies avec un ami vétérinaire, Eric Cardinale (qui devient Eric Lévèque dans mon histoire), que j'ai eu l'idée de "Fièvre". Une ébauche d'idée, devrais-je dire, mais très simple : la Réunion coupée du monde suite à un virus ayant décimé l'humanité. Lorsque Jean-Luc Schneider, mon éditeur à Des Bulles Dans l'Océan, m'a demandé si j'avais l'idée d'un scénario se déroulant à la Réunion, j'ai sauté sur l'occasion de développer cette idée.

Les maladies, les virus, ça fait partie de vos craintes pour le futur ?

Non, ce qui me fait peur, en ce moment, ce sont plutôt les deux grands malades à la tête des États-Unis et de la Corée du Nord. Dans tous les récits d'anticipation, l'holocauste est souvent dû à une pandémie virale, ou un cataclysme nucléaire. J'ai déjà expérimen-té le cataclysme nucléaire avec Parallèle.

"Ce qu’il y a de terrible dans les récits d’anticipation, c’est qu’ils sont immensément crédibles"

Est-ce que selon vous la Réunion est bien préparée à tout ça ? Ou faut-il s'attendre au chaos que vous décrivez ?

Je ne pense pas ; c'est juste une vision assez pessimiste des choses, dictée par un choix scénaristique. Les gens, et plus particulièrement à la Réunion, sont beaucoup plus solidaires :  je crois que c'est la mentalité insulaire qui veut ça. Mais tout n'est pas si sombre dans mon histoire !

Le combat pour la survie, une nouvelle organisation sociale, ce sont des thèmes qui vous sont chers ?

J'ai toujours été fasciné par les romans de George Orwell, Marga-ret Atwood, Aldous Huxley, Barja-vel et autres ; ils font partie de ma culture. Je crois que l'homme, en général, n'affirme son caractère que dans l'adversité. Et ce qu'il y a de terrible dans les récits d'anticipation comme Fièvre, c'est qu'ils sont immensément crédibles.

Quelles étaient vos demandes vis à vis du dessinateur, Antonio Menin ? Comment s'est déroulée la collaboration à distance ?

Lorsque nous avons acté, mon éditeur et moi, le choix d'Antonio Menin comme dessinateur (Antonio m'avait été recommandé par Guillaume Martinez, artiste reconnu dans le monde de la BD), je lui ai envoyé un gros dossier de documentation, notamment beaucoup de photos d'excellente qualité que j'avais prises au cours de mes balades dans l'île. Une île que va découvrir Antonio, puisqu'il viendra dédicacer Fièvre au festival Cyclone BD, début décembre.

Où en êtes vous de vos autres projets ?

Oliver & Peter 2 qui sortira en janvier et Parallèle 3 en avril ; Olivier Giraud va commencer Gaultier de Châlus 3. Javier Casado, dessinateur espagnol, a commencé une comédie, Un peu de tarte aux épinards chez Casterman, et j'ai également deux projets en cours chez Ankama, avec Federico Ferniani et Carlos Puerta aux commandes... 2018 et 2019 seront des années riches!

Sébastien Gignoux